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Trash The Dress - C’est quoi ?

Je crois bien que c’est une pratique plutôt Anglo saxonne mais qui se généralise pas mal chez nous. C’est une séance photo après votre mariage, dans le lieu de votre choix, un lieu qui vous ressemble, qui vous connecte tous les deux et qui vous rappelle de beaux souvenirs. Pour Typhanie et Simon c’était la mer.

Il y a bien eu une petite discussion pour savoir si on mettait la robe dans l’eau mais ca n’a pas duré bien longtemps. L’occasion est trop belle.

Le plus drôle c’était les touristes sur la plage complètement intrigués à la vue d’une mariée entièrement dans l’eau.

De beaux souvenirs pour eux et aussi pour moi <3

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Le petit article sympathique de Charline Galpin, merci !!  : 


Il photographie le monde et les mariages :

Pendant ses tournées avec ses groupes de musique, Florian Renault se découvre un talent pour la photographie. Depuis, il multiplie les reportages de voyage et de mariage.

Portrait

En 2010, Florian Renault quitte son travail d’ambulancier pour partir en tournée avec ses différents groupes de musique, The Forks puis Wank for peace. Il s’achète un appareil photo pour ramener des souvenirs et se prend au jeu. Pendant un an, en 2013, il se consacre à l’argentique.

« Pour moi, tout le monde devrait commencer par l’argentique car c’est comme cela que l’on apprend vraiment à comprendre la technique de la photographie. »

Développement au café

Pour développer ses pellicules, il teste pas mal de choses : le développement au café, avec de la vitamine C et des cristaux liquides de lessive… Et ça marche bien !

Continuant à prendre des photos lors des tournées, mais aussi pendant ses voyages en solitaire, des projets artistiques commencent à lui être proposés. Notamment des pochettes d’albums pour les copains.

« J’ai commencé à faire des projets pour lesquels je pouvais être payé. J’avais surtout envie, je ne sais pas pourquoi, d’essayer de faire des photos de mariage. Ce que j’ai proposé de faire pour un couple d’amis, en 2014. J’ai beaucoup apprécié et les mariés aussi. Alors, je me suis lancé ! »

En 2015, il se lance sous son statut d’auto entrepreneur. Aujourd’hui, il a une trentaine de mariages à son actif, dont deux à l’étranger. Les projets de mariages insolites ou dans de beaux lieux lui plaisent particulièrement.

Entre 2016 et en 2018 il effectue de longs voyages de plusieurs mois en Inde, en Russie, au Pérou et en Bolivie. « J’ai commencé à raconter mes aventures sur un blog et j’ai eu beaucoup d’encouragements. Je me suis pris au jeu et, en revenant d’Inde, j’ai pu réaliser une exposition. » Une deuxième exposition, avec son travail sur la Russie, est en préparation.

Aujourd’hui, Florian Renault souhaite continuer ses reportages rock’n’roll de voyages, couvrir des mariages, mais aussi développer des partenariats avec des festivals.

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Paula & Damien 

- 05 Mai 2018 -

Premier mariage de la saison sous la fournaise, enfin, pour nous pauvres mayennais. Pas pour la famille de la mariée, d’origine brésilienne vivant en Italie. La maman avait même un peu froid le matin alors que ma chemise était déjà presque trempée. Les parents vivent en Italie donc, un des frères en Autriche, l’autre en Chine avec sa copine Russe. 

Un joyeux bordel donc sous un soleil incroyable

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Last train -

Sûrement le dernier post, je suis dans le train qui me mène à Saint Petersburg.
En partant de Yakutsk et donc en revenant sur mes pas, j'avais une triste sensation de fin. Pourtant quinze jours me sépare encore de Saint-Petersburg, mais la nostalgie est là , surtout dans le train que je connais si bien maintenant, ces trains tellement lents qui te donnent le temps de réfléchir.
J'ai bien fait de faire des pauses, à Novossibirsk d'abord, ou je faillis me faire entuber par un faux taxi : le type me réclame cent, roubles du kilomètre. On fait deux kilomètres et il me demande 1200 roubles en me montrant le compteur qui s’avère être la consommation du véhicule. Bah c’est bien mec tu fais du douze litres au 100 km parce que t’as roulé comme un taré mais je suis pas débile.
Bref quarante cinq minutes de merde ou le type s’énerve, moi j’appelle la couchsurfeuse qui finit par nous trouver et le type me laisse partir. Bon il a essayé, il a perdu je n’ai rien payé mais il recommencera avec un autre touriste certainement.
Enfin ça nous a fait un sujet de discussion avec Svetlana, la coiffeuse qui m’accueille, adorable d’ailleurs. En échange d’un repas que je cuisine, je me fais couper les cheveux. Et la barbe aussi, je commençais à manger des bouts de poils à chaque fois que je fermais la bouche.

L’autre arrêt est à Ekaterinbourg, capitale de l’Oural, encore une de ces villes dont je ne mesurais pas la grandeur quand j’étais encore ignorant de la Russie . Ces villes sont des monstres de plusieurs millions d’habitants : Omsk, Krasnoyarsk, Novossibirsk et d’autres encore.
Des villes qui se ressemblent beaucoup, mais dans lesquelles je me sens bien et je ne pourrais pas expliquer pourquoi.
Olga, comme tous les autres ne comprend pas non plus. Maman de Sacha et Pacha, elle ne me coupe pas les cheveux mais m’offre une belle visite de la ville et des repas parfaits. Je repars avec un sac de fèves de cacao, un plat et une cuillère peinte par sa grand-mère, des trucs que je n’ai pas l’habitude de ramener qui remplisse mon sac déjà prêt à exploser.

Je me rends à Perm ensuite retrouver mes amis du baikal. Alexei, Nikita et les autres qui m'accueillent tous comme un prince dans un café. Ils sont tous là, je suis super touché, je les ai quitté en costume de neige, ils réapparaissent en tenue de soirée alors que moi je ressemble toujours à un troll sale.
On se promènera sur les quais de l’immense rivière, Irina qui parle à peu près Anglais s’obstine à ne parler qu’en Russe, elle met un point d’honneur à ce que j’apprenne la langue coûte que coûte. Je dors chez Alexei, avant de partir le soir chez la grand-mère de Nikita. Il me prévient par avance « si tu manges pas elle va te tuer » le problème c’est qu’on se tape un pré-diner chez Alexei dont la femme à préparé un repas déjà fort copieux que je ne peux refuser. Nikita se marre déjà. A peine l’entrée terminée je suis full, mais je me m’autoflagelle avec le dessert incroyablement bon.
Une heure de bus plus tard on est à table pour le second dîner avec une babouchka qui a du cuisiner pendant trois jours tellement les plats sont nombreux sur la table . Je ne sais même pas comment faire. J’ai envie de faire comme quand j’étais petit à la cantine quand je foutais la salade dans ma poche pour la jeter à la récré. Même pas de chien sous la table pour jeter des trucs dans sa gueule en douce. Bref je suis cuit. Et la grand-mère qui s’excuse du peu de trucs à manger. La blague. Mais elle est trop mignonne, je lui raconte ma vie, je lui raconte Lucie que j’aime et qui me manque, elle est émue et me donne des cadeaux pour elle.
Je me sens bien ici. On est dans la campagne autour de Perm et j’adore plus que tout ces maisons russes vastes et confortables. Y a des lits partout, de la moquette partout, on se sent bien partout, il y fait chaud et une étrange impression de bien être qui donne envie de se promener en slip comme à la maison et surtout l’impression que ça ne dérangerait personne. D’ailleurs le père de Nikita ne se gêne pas.
Maxime arrive, un pote de Nikita, chirurgien. Il bosse demain mais on se prend une tôle à la vodka en jouant de la musique, Nikita à l’accordéon qu’il répare d’abord à la russe avec un vieux couteau. Moi à la batterie toute pétée. N’empêche il n'y a qu’ici que je peux voir un chirurgien faire ça. J’ai l’impression de faire une soirée avec mon copain facteur.
La vodka coule entre deux bouchées de tarte à la patate qui traîne sur la table. Nikita et moi on se congratule mutuellement de s’être rencontré, le lendemain on part faire du rafting et de l’escalade à deux heures d’ici.

Réveil à 8h, je suis tout pourri, Nikita aussi ça me rassure un peu. Je dors un peu dans la voiture et on arrive sur les lieux, un bord de rivière au pied d’une falaise rempli de tentes. Les copains sont là. Alex m’accueille avec un plat de lentilles. Même pas le temps de dire bonjour à tout le monde que je m’étouffe à moitié et vomis entre deux tentes. J’ai eu le temps de ma planquer un peu mais Alexei se marre comme un con et Nikita compatit. C’est qu’il est dans le même état et il doit apprendre l’escalade à des stagiaires. Moi je suis quand même super content de pouvoir escalader des parois russes même si je dois reconnaître que deux mois de cuisine russe et le gavage de la veille n’aide pas vraiment à atteindre le sommet.
Comme d’habitude en Russie, je me fais assaillir de questions et on me couvre de cadeaux avant de repartir prendre le train, Nikita m’accompagne jusqu’au wagon, sur le quai. J’ai l’énorme surprise de voir les amis du baikal venus me dire au dernier au revoir. J’avais montré mon billet à Irina qui avait mémorisé l’horaire sans me le dire.

Des cadeaux viennent combler mon sac. Nikita se fout de ma gueule en me disant de ne pas pleurer. Je prend donc ce dernier train qui roule vers Moscou puis Saint Petersburg.
Encore cette lenteur qui laisse les pensées dériver dans un mélange de mélancolie et d’excitation.

À bientôt donc.

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La vie dans le train -

Il est fascinant de constater à quel point la longue proximité casse toute barrière ici. Le gros rustre géorgien fait marrer la prof toute mimi, les gamins jouent avec les mecs un peu bourrés ce qui fait rigoler tout le monde dans le wagon. Les discussions s'entament très vite entre gens inconnus, des discussions qui peuvent être très longues dans un pays où on peut rester plus d'une semaine dans un train avant de passer une frontière.
Même la mamie qui dormait sur sa banquette et que je n'avais pas vu me lance un «sprechen sie deutsch ?» sorti d'on ne sait où. Le petit sourire gêné qui suit est tellement drôle, J’ai une soudaine bouffée d’affection qui me donne envie de lui faire un câlin.

Y a aussi Yevgeny, un type qui commence à boire à peine dix minutes après le départ du train, je l'accompagne pendant deux verres et le laisse en roue libre ensuite. Il me brisera le cœur lorsque, me demandant mon téléphone et tapant sur le traducteur, je vis apparaître le mot « tristesse » puis découvrit une larme coulant sur sa joue. On dirait que toute l’histoire de sa vie s’écrase sur ses épaules à ce moment là.

Et pendant ce temps le train offre son roulis lamentable au paysage dur, silencieux et froid. Un roulis dont le son résonnera toute ma vie dans la tête je crois.
Le soleil de Sibérie si éclatant peine désormais à percer le voile terne des provinces de l’ouest. Les températures plus clémentes font réapparaître les chutes de neige. L’hiver n’est pas fini ici.

Je suis toujours très curieux à l’arrêt des nombreuses gares. Qui pour remplacer Mamie, qui pour déloger un mec bourré qui dort sur sa table. La provodnitsa mettra cinq minutes pour le réveiller et lui dire qu’il est arrivé à destination. Cette fois-ci une famille de six personnes entrent avec un toutou. Tous plus énormes les uns que les autres. Sauf le toutou.

Ils trimballent des gros cartons et, je le saurais par la suite, des litres de bières. Les mastodontes passent dix, minutes à caser leurs cartons dans l’espace le plus haut du train, découvrant au passage un ventre au nombril d’une profondeur abyssale. Quand ce n’est pas un bout de fesses transpirantes. Je m’allonge sur ma couchette en laissant passer l’affront.
Enfin installés ils sortent le goûter. Et me propose une bière en sous-main. Ravis de me rencontrer, l'un deux sort une blague que je ne comprends pas, mon voisin, en train d'avaler un biscuit genre petit écolier explose de rire. Puis s’écroule sur moi. Le malheureux s’étouffe et devient rouge sang.

J'aurais été bien incapable de passer derrière lui et de pratiquer la manœuvre de heimlich pour déloger le vil biscuit. Je ne sais même pas si mes bras font le tour du pachyderme. A ce moment là, et je n’oublierai jamais ses yeux, son copain ni une ni deux décide de lui donner une série de quinze frappes incroyables dans le dos. Des tapes a faire décoller le plexus et ouvrir la cage thoracique en deux. Je me dis que si il ne meurt pas d’étouffement il mourra du fait de poumons projetés à quinze mètres.
Le bougre reprend ses esprits, non sans avoir rejeté la pâte de biscuit chocolatée sur la couche de la dame assise en face de moi. Le pauvre, après avoir retrouvé sa couleur normale, c’est-à-dire quand même un peu rouge, il se fait enguirlander par sa voisine pour avoir salopé son drap.
Son copain ose une blague : «plus de petit écolier pour toi ! Que des twix ou des Mars !»

Pendant ce temps le monsieur triste s’amuse avec le chien et le sourire tout simple qui se dessine sur son visage me fait du bien. Brave toutou.

La vie dans le train est rythmé de différentes façons. Par le changement de provodnitsa, par la faim et par le gouzi gouzi de la maman qui s’amuse avec son fiston. Je lis trois livres : “les récits de la Kolyma”, récits glaçant d’un survivant du goulag. “No home” , de Aya Gaisi, grande fresque sur l’histoire d’une famille qui débute au temps de l’esclavage sur la côte d’or et “la vie devant soi” d’Émile Ajar/Romain Gary.
Trois livres exceptionnels qui me plongent dans des voyages tellement profonds que parfois, après avoir somnolé sur un chapitre, je me réveille complètement perdu et j’ai besoin de cinq bonnes minutes pour me situer.

La nuit apporte son lot de réjouissances. L'ambiance des petites gares de nuit est inimitable, les gens qui travaillent la dedans sont comme des fantômes, ils seront là jusqu’à leur vraie mort on dirait. Je peux sortir en chaussons, nous longeons la frontière mongole et la température passe au dessus de zéro pour la première fois depuis mon arrivée en Russie. Je remonte dans le train en essayant d’éviter de me cogner la tête contre une paire de pieds qui dépasse des couchettes du haut.

Les vieilles dames peroxydées pendues à leur tricots sont imperturbables, elles me font penser à toutes ces femmes perdues dans ces salles vides de musées soviétiques, de dressing de bar et autre guichet de toilettes, s’attachant à la maîtrise de leur crochet et rien d’autre.
Un russe me parle de Napoléon et de sa campagne désastreuse de 1812 en Russie. Une énorme fierté encore aujourd‘hui pour eux. Il suffit de mentionner Napoléon ici pour que les esprits frétillent et que les yeux brillent de fierté. Alors quand je dis que je connais le valeureux général Koutouzov, héros cosaque et artisan du boutage de l’empereur hors de Russie, on est pas loin de l’extase. Je me garde cependant de dire que selon le point de vue français et via les textes du sergent Bourgogne notamment que j’avais lu avant de partir, la déroute napoléonienne n’en est pas vraiment une, que la fameuse bataille s’est révélée plus meurtrière pour la Russie que pour la France et que l’empereur à réussi un tour de force en se soustrayant à l’armée cosaque plusieurs fois d'affilée. Je ne sais ce qui est vrai et je m’en fous pas mal de savoir qui a raison mais je veux surtout ne pas priver mes interlocuteurs de leur sentiment de fierté.
Nous refaisons la bataille aux échecs pour rigoler. Je me prends une tôle, c’est que les échecs sont une discipline nationale ici en Russie. Enseigné à l’école même. Alors même à trois grammes le russe survole la partie.

Je m’arrête bientôt en ville, la provodnitsa me souhaite un bon voyage. Tout le monde semble ravi d’avoir passe un bon moment.

Ce voyage confirme une certitude. Les russes sont froids comme la glace, aussi indifférents à ton existence qu’ils le sont pour leur conditions climatiques.
Aucun effort pour te plaire mais passées quelques barrières, quelques heures et quelques verres parfois, ils sont prêt à n’importe quel sacrifice pour t’aider si jamais tu en as besoin.
Je quitte le train et m’enfonce dans la puissante et froide Novossibirsk. Non sans m’être fait broyer la main de poignées sincères et vigoureuses.

Bisous, merci, bisous.

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La Kolyma -

Je me réveille et Sacha n’est pas la. Il fait tellement beau et brillant que J’ai l’impression qu’il est midi. Non ça va il n'est que huit heures, tout le monde dort encore dans la salle de sport. Je me rendors un peu et me réveille à midi… génial.

Heureusement je n’ai rien loupé, tout le monde s’affaire dans la salle, prend des douches, joue, au basket menaçant de faire tomber les bouilloires posées aléatoirement sur le terrain. Cette nuit la sera gratuite, je n’ai jamais pu trouver la babouchka de la veille qui gère l’hôtel improvisé. Certains jouent de la guimbarde. L’instrument traditionnel yakoute. Hummus en langue Yakoute. J’ai super faim du coup.
Ivan un des organisateurs m’emmène voir sa maman qui se trouve être la dame qui me proposa son logement trop cher la veille. Pas rancunière la dame, elle m’offre l’intégralité du contenu de son frigo en me jetant des regards amusés, traduction : mais qu’est ce qu’il fout la tout seul celui là.
Elle me jette un cognac dans un dé a coudre, toute fière de me montrer la phrase en français sur l’étiquette de la bouteille. En français certes mais dans une traduction d’une médiocrité incroyable. Du grand Google trad.
Y a juste des trucs que je peux pas manger ceci dit. Leur sang de poulain bouilli en forme de saucisse la c’est pas possible. Les Évènes je n’en parle pas mais eux ils mangent exclusivement de la viande. L’enfer. Mais que veux tu faire pousser ici à part des sapins?

Les Evènes justement. Ils se préparent pour la course de rennes. Sacha réapparaît, il est parti faire des photos du lever de soleil puis s’est perdu dans la nature pendant trois heures. Complètement à l’arrache celui-ci.
« Picture me please » me sort il fidèle à lui-même. Je l’appelle Mister blabla ça le fait marrer. Mais en vrai des fois J’ai envie de le lâcher dans un goulag.
Ivan est plus posé, aussi parce qu’il n’a pas dormi de la nuit. Tout le monde se retrouve pour la course de rennes. Les pauvres bêtes sont attachées par deux à des traîneaux en bois sur lesquels les participants prennent place. Ils doivent d’abord lancer un lasso autour d’un pieu pour pouvoir partir. C’est ridicule, les élans sont mal attachés, ouvrent la gueule de douleur, la langue pendante et se font fouetter toutes les trois secondes pour faire deux fois le tour d'une piste et récompenser le vainqueur qui repartira avec une motoneige en cadeau. Parfois, et ça me fait tristement marrer, les rennes n’ont font qu’à leur tête et envoie valser le bougre derrière qui se débat dans la neige pour remettre en place son traineau avant de remettre les animaux dans le droit chemin. Un peu nul donc.
On me dit que c’est la tradition. On me dit aussi que sans l’homme les rennes seraient bouffés par les loups et les ours. Alors les rennes on dit merci ?
Et on continue de tirer son humain en tirant la langue sans broncher.

Après tout ce cirque, les rallyes man proposent de me ramener à Yakutsk gratuitement, je saute sur l’occasion d’autant qu’ils vont visiter un goulag quelque part dans le nord avant de rentrer. Sacha vient avec nous et commence et me montrer absolument toutes les photos de son appareil dans la voiture. Insupportable. C’est comme le mec qui poste 357 photos sur Facebook. Normalement t’en regarde cinq, tu commentes « classe mec ! » et tu retournes à tes vidéos de chats qui fond des roulades.

Mais il est attachant ce con, parfois quand personne ne parle et que l’ambiance est à la somnolence, il me pousse du coude pour me montrer ce qu’il écoute comme musique. Il est fou.

Le chauffeur, Samuel, m’appelle « OK Google » il passe beaucoup trop de temps sur Google translate à me montrer des traductions que je ne comprends même pas en français.

Bon concrètement trois heures de trajet aller et trois heures retour pour visiter un goulag qui se trouve être en fait deux cabanes en bois effondrées par la neige avec un pauvre fil barbelé au milieu ça fait beaucoup. L’histoire est intéressante néanmoins. On est sur la route de la kolyma. Communément appelée la route des os. Puisque sous le permafrost de la route s’étalent des milliers de cadavres de prisonniers du goulag. Je me demande juste comment ces mecs pouvaient travailler par moins soixante l’hiver. La question ne se pose pas, ils mourraient tout simplement. Et certainement que Staline pouvait réapprovisionner le goulag régulièrement. Toujours est il que ça me donne froid, J’ai les pieds gelés et y a même pas un petit café pour prendre un bon thé chaud à la sortie
.
De retour sur Yakutsk tard le soir, je retrouve papy Yakoute qui me regarde en mode « bah t’étais ou toi !»
beaucoup trop drôle ce papy.
Il a l’air content de me voir. Le lendemain il me montre une casserole vide me faisant comprendre que je dois faire à manger. Il le fait avec tellement d’humour que je ne peux pas résister et je m’y met avec plaisir.
Je me sens à la maison ici, mais je dois déjà penser à mon retour à Saint Petersburg. Je pars donc le lendemain pour quatre jours de trajet jusqu’à Novossibirsk.

Bisous

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Pole of cold festival -

Il fait tellement sec ici c'est génial, je n'ai jamais respiré aussi bien des deux narines en même temps. le seul truc c’est que si tu bois pas un peu dans la nuit tu te réveilles avec l’intérieur de la bouche comme si t’avais bouffé de la pâte à modeler toute la nuit.

Bref je pars à 21h pour a priori quatorze heures de taxi vers le Nord Est. Oymyakon et son pole of cold festival dont j’entends le nom pour la première fois seulement à Yakutsk par Nariyana une amie couchsurfeuse.
Ça me coûte six mille roubles.
Donc tu paies pour faire quatorze heures de taxi sur des routes pas possibles avec les genoux écrasés et l’odeur du voisin qui doit sûrement être éleveur de rennes.

Au final, vingt-quatres heures de trajet.
On a trouvé le moyen d’avoir un accident avec la seule voiture qui roulait avec nous et qui a du s’arrêter pour laisser passer un camion. Rien de grave mais deux heures d’attente pour ensuite s’entasser dans le seul véhicule qui marche encore.
Les trois dernieres heures à treize dans un truc prévu pour sept… avec un énorme sac sur les genoux, même pas le mien, et les pieds gelés d’avoir attendu dans la neige. Je profite cependant du changement de véhicule pour prendre un peu plus mes distances avec l’éleveur de rennes.
Je rencontre Sacha, un jeune yakoute qui va rester tout le week-end avec moi.
On arrive enfin dans le village à la tombée de la nuit. tout pété et minuscule. Je ne sais absolument pas où dormir. On a fait vingt quatre de route, mes jambes sont bloquées en position assise. Sur la carte de Russie, on a même pas fait l’équivalent de l’épaisseur de la griffe de mon chat. C’est désespérant.
Ah oui il fait moins quarante mais ça va j’aime bien. Le chauffeur m’emmène à la mairie, je demande si c’est un hôtel, tout le monde rigole et me demandent où est mon groupe.
« Euh je suis tout seul.
Ah bon ??? Et tu dors où ?
Je ne sais pas m’dame ».

Je me disais bien que j’allais trouver quelqu’un pour m’aider. La fille me propose sa maison pour trois mille roubles la nuit. Beaucoup trop cher. L’alternative viendra de Sacha qui me propose d’aller avec lui et des journalistes et organisateurs du festival dans la salle de sport du village. Bon la salle de sport c’est un truc en bois avec une salle de hand/basket/judo/etc et des matelas en amiante par terre. Un bureau kitsh, des toilettes avec bania quand même. Je tente un timide « y a t’il des couvertures ? »
C’est que je suis venu en slip, j'ai laissé mon gros sac à Yakutsk.
« c’pas un hôtel ici ! » me répond la dame avec ce ton que je commence à capter de ces babouchkas russes qui donnent l’impression de t’engueuler alors que vient toujours un sourire tout mignon ensuite. Tant mieux, elle a des mains comme des battoirs je veux pas de fessées.

Bon, le matelas en amiante la non. J'arrive à trouver une porte secrète qui donne vers une mini pièce avec un petit canapé. Parfait ! Sacha bouge son matelas dans la pièce et on s’endort comme des vieux caribous épuisés.
Les journalistes et organisateurs ont débarqué dans la nuit. Au matin, la salle de sport est pleine de gens soit qui dorment encore soit qui mangent à même le sol. Je me fais inviter pour le petit déjeuner par des gens de Ekaterinbourg qui font un rallye. Je ne sais rien du festival qui commence ce matin. Je décide de suivre Sacha jusqu’à ce que je me rende compte qu’il en sait pas plus que moi. Tout le week-end va se passer comme ça. Je ne sais jamais où je vais, je ne comprends pas grand chose mais le village est tellement petit que je croise toujours les mêmes personnes. Après deux jours je salue les gens comme des vieux potes. Sacha laisse traîner son sac n’importe ou, tout le monde se connaît, personne lui volera son sac. Je garde quand même le mien sur le dos faut pas déconner. Ça s’agite donc près de la scène, les costumes traditionnels sont magnifiques, j’aperçois une fillette avec un panneau marqué « France » on me dit qu'ils vont jouer le petit prince en mode théâtre, avant ça, les acteurs vont défiler sur la scène derrière cette pancarte. Je comprend rien pendant cinq minutes jusqu’à ce que je me retrouve à monter les marches derrière la jeune fille. En face de la scène l’ estrade est plus ou moins remplie mais quand même je n’ai rien à foutre la. D’autant qu’avec ma barbe de soixante jours, on me toise du regard et je me fait prendre en photos comme si j’étais Saint Exupéry. Ça commence fort.
Bon le petit prince en langue Caxa, la langue du coin, ça a de la gueule même si la perruque du petit qui joue le prince penche dangereusement et lui donne l’air d’avoir fait la fête toute la nuit .
La langue est magnifique, c’est presque du chant, les mots roulent comme un petit train, rien à voir avec les gros sabots de la langue russe.
Je reste un moment à admirer tout ça, il fait méga froid. Pas une goutte d’alcool ici c’est interdit. Un petit vin chaud serait bienvenu pourtant. Les performances s’enchaînent sur la scène toute la matinée, moi je me balade pas mal. Je n’arrive pas à suivre Sacha il part dans tous les sens, me dit de le suivre pour en fait changer d’avis, ça me soûle un peu. Je me fais interviewer deux fois pour la télé yakoute. Et la même question pour les deux : « quand avez-vous entendu parlr du festival ? »
-avant-hier ! “

Course de motoneige, sports de force pour les mâles à base de tronçonnage d’arbres à la scie et tirage de corde. Quand je vois les journalistes de Yakutsk je ne peux pas m’empêcher de penser à Bill Murray dans le film un jour sans fin dans lequel il joue un journaliste blasé qui part couvrir le jour de la marmotte dans un village tout pourri et froid.

Je rencontre le peuple Evène, ces éleveurs qui vivent encore un peu plus au nord. Avec encore une langue différente, c’est fascinant. Y en a deux ou trois qui ont du réussir à se ramener une bouteille de vodka parce qu’ils sont ultra bourrés dans leur tipi. En fin de journée je me balade dans une grotte magnifique avec Sacha qui me demande tout le temps de le prendre en photo : »picture me please ! »
obligé de lui dire que je n’ai plus de place sur ma carte SD ce qui est vrai ceci dit. Mais J’ai surtout pas envie d’avoir cinquante photos de lui posant façon rappeur des Balkans.

Le soir se tient l’élection de miss pôle du froid. Election entrecoupée de l’intervention d’un genre de Frédéric François yakoute.
À peine la tiare et l’écharpe posés sur la gagnante, tout le monde saute dans les taxis pour mater le feu d’artifice. C’est le bordel, je saute dans le premier taxi qui se présente. Tout est gratos de toute façon. La bas, un énorme feu éclaire la scène et un grand chef psalmodie des textes en langue Caxa que tout le monde répète en dansant autour du feu. En terme de dépaysement la on est pas mal. Ça m’a tué cette journée, il est minuit et la soirée continue dans la même salle dans laquelle a eu lieu le défilé avec une sorte de boum année 80. C’est super drôle mais je file dormir dans la salle de sport. Le problème c’est que je connais tout le monde maintenant et les journalistes se beurrent la noix à la vodka entre les appareils de muscu et les ballons de baskets. C’est joyeux c’est passionnant d’entendre les histoires de chacun. C’est génial aussi d’avoir des journalistes à priori connus qui dorment par terre dans une salle de sport parce que de toute façon il n’y à pas d’hôtel ici.

Vivement demain !

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We love Jesus -

Petit post rapide, Je pars dans une heure.

Katerina est très croyante, membre active d'une église à Yakutsk d'ailleurs. On en parle un peu, elle est surtout très respectueuse et très ouverte. Sa famille a subi des traumatismes assez violents par le passé, son frère assassiné notamment.

Ce soir elle a invité un Pasteur américain. Je vais l’appeler John par commodité et aussi parce que je ne connais pas son nom.

Il est là pour répondre aux questions de la famille et surtout pour parler de sa famille à lui. De son expérience et de sa découverte de la foi. Moi je bois mon thé et papy Yakoute n’arrête pas de me chatouiller ou de me postillonner sa soupe dans l’oreille. Ça me fait marrer mais j’écoute quand même l’invité.

Le gars est la pour évangéliser les peuples du nord russe, ça commence bien. Et la je me prends une heure de discours Infâme dans la figure, un discours au niveau oratoire tellement solide que la famille est complètement accroché à sa mâchoire. Alors quand Johnny se met à justifier l’homophobie par l’intermédiaire de la bible en sortant toutes les perles qu’on connaît tous je n’ai qu’une envie : me jeter un shot de vodka derrière la cravate. : « oui Dieu a créé la femme et l’homme, pas deux hommes c’est logique non ? Et quand Noé construisit son arche, n’y avait il pas un représentant des deux sexes pour chaque espèce ? C’est un grand danger pour nos civilisa.. I AM GAY !!!!..
J’ai eu envie de le sortir, je l’ai gardé pour moi, c’eût été contre productif il me semble.

Je ne suis pas la pour animer le débat. La famille l’a invité, lui, moi je ne suis qu’un voyageur mal rasé. Je pose des questions malgré tout. Bon de façon il ne me regarde jamais et ne m'adresse jamais la parole. Je crois qu’il à capté qu’il n’y avait aucun terrain propice dans mon âme perdu de pauvre européen. Oui parce que l’Europe est en train de sombrer dans l’athéisme et court à sa perte. Si l’on ajoute à cela ces fornicateurs « non utiles » que sont les gays, nous en avons plus pour très longtemps. Bref n'importe quoi. Tout y passe, y compris la justification du patriarcat sous couvert de protection de la femme par l’homme fort. Le frère se voit ainsi dire que son but dans la vie est de protéger sa femme et de subvenir aux besoin de sa famille.afin que la femme donc, cet être si faible incapable de se défendre toute seule, puisse faire des enfants et s’occuper de la maison.
Tout ça en enfournant une énorme part de tarte que Katerina à préparé pour lui.
On est pas sorti du sable tiens.

S’ensuit un monologue dans lequel il explique qu’il à mis quinze ans à faire revenir ses enfants vers Dieu. Les gosses sont partis en sucette à l’adolescence en mode fugue, alcool et compagnie. Tu m’étonnes John.…Donc quand sa fille se barre à 17 ans, il invoque le mal qui s’est emparé de sa fille plutôt que de se poser des questions. Ah ça m’énerve.
Le clou arrive quand Angela débarque du lycée. C’est la fille de Katerina. Hyper talentueuse, je l’entend jouer du piano et chanter tous les soirs. Elle a un truc cette petite. Elle est d’ailleurs assez connu en Russie. Sa mère me montre des vidéos d'elle, ça me touche beaucoup et je le lui dit. Et le grand Sachem à qui on a rien demandé sort un petit « ton talent vient de dieu ma fille, de dieu et lui seul. Bravo John.
Article sans recul mais fallait que ça sorte. Sur ce je m'en vais promener mon âme impure dans les montagnes du grand nord est.
Lucie je t’aime.

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Grand nord -

Je pars d'Oulan-Oude pour ce qui s'annonce être mon voyage le plus éprouvant. Vingt heures de train, sept heures d’attente, encore vingt heures de train puis quinze heures de bus…

Le transsibérien laisse la place à la ligne baikal amour magistral qui passe au dessus du baikal.

Puis, je quitte toute zone de voie ferrée et prend la route. Là ou les bus roulent sur des routes encore gelées. Là ou les seules infos qu’on trouvent en surfant sur Google proviennent d'un obscur forum ou un type pose une question du style « je prévois de faire ça et ça et encore ça, est ce que quelqu’un à des infos ?

En général c’est le genre de message ou personne répond sauf six ans après lorsqu'un autre gars se réveille et répond « salut mec ! je prévois le même trajet tu l’as fait alors ? »

Bref je passe pour un abruti, personne capte pourquoi je vais à Iakoutsk pour voyager.
D’autant que ma destination finale est encore beaucoup plus loin. Mais on verra ça plus tard.
Dans le train, des gentils encore et toujours.
Même si en Russie à chaque fois que tu t’installes sur ta couchette t’as l’impression que tes voisins se concertent pour réfléchir à la meilleure façon de t'étrangler et de te dépouiller de tes affaires. Rien de tout cela évidemment. Je me retrouve encore une fois invité par tout le wagon. Certains me donnent des conseils très utiles pour arriver à Iakutsk d’autres me parlent de Gérard Depardieu. Tout va bien donc.
C’est le jour des élections, tout le monde s’en fout, certains me parlent quand même de Poutine. Le fait qu’il soit fort et pêche des truites torse nu avec les têtons qui pointent leur suffit visiblement pour représenter dignement le pays. Soit.

Je passe sept heures à Tynda, ville intermédiaire, où les hauts parleurs crachent des musiques patriotiques à base de “viva Russia”. Les drapeaux sont de sortie. Un gars me sort que c’est ironique parce qu’ils ne se sentent pas plus russe que bouriate ou yakoute. Mais le gouvernement fait tout pour insuffler une aura patriotique à ces habitants si éloigné de Moscou.

Je reprend le train puis le bus donc et arrive à Iakutsk, non sans avoir roulé sur les plus belles routes que J’ai pu voir jusqu'alors.
De longues routes rectilignes blanches qui coupent le paysage complètement enseveli sous une couche de neige si épaisse qu’elle ne fait apparaître que la cime des sapins que je devine pourtant immenses.

Yakutsk, la ville de plus d’un million d’habitants la plus froide du monde.

Des conneries tout ça, la ville fait pas plus de 400 000 russes congelés. Russes et Yakoutes d’ailleurs. Les Yakoutes sont la depuis des millénaires, ils sont Yakoutes et puis c’est tout. Ils parlent le yakoute., langue que je trouve très belle. On dirait la langue des indiens d’amerique selon l’idée que je m'en fait. C’est-à-dire que mon idée doit sûrement venir de danse avec les loups. Hum..
Alors oui ça caille mais comme d’habitude en Sibérie il fait un temps magnifique, certes je n’aurais pas besoin à mon retour en France de porter mon attirail d'Eskimo, mais ce soleil va me manquer très fort.
Je me retrouve chez Katerina, une prof d’anglais qui me propose de visiter sa classe le lendemain. Je dors comme un ours ici, et le lendemain, je me retrouve à peine réveillé dans une classe remplie d’élèves en uniforme qui me bombardent de questions. En français et en anglais puisqu’ils apprennent les deux langues. Pas pire comme moment, ça me réveille en tous cas. Tout le monde est adorable. Je me fais un plaisir de faire à manger le soir pour toute la famille. Le grand papy yakoute est venu du grand nord pour voir sa fille, il ressemble à un vieux chef indien. Katerina me raconte l’histoire de sa famille. Grand papy a arrêté de boire pour élever sa fille, tous ses copains sont morts à force de boire. L’alcool est un réel problème pour les peuples du nord comme les événes.
Elle perdra son frère, assassiné par un type bourré justement. Autant dire qu’à la maison y a pas une goutte de vodka qui traîne.

Je me sens plus que bien ici je pars jeudi néanmoins pour ce qui sera certainement ma destination finale, Oymyakon. Le village le plus froid du monde. On y a enregistré la température record de moins 73 degrés. A cette époque ca ne descend pas en deçà de moins 40 paraît-il.

18h de bus pour chopper moins 40 degrés. Je suis débile .

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Oust-Bargouzine –

J'avais quitté Oust-Bargouzine il y a quatre ans en me disant que c’était un des endroits les plus beaux de Russie. Le lac était liquide, les oiseaux vivants et les ours pas encore endormis.

Je retrouve le village enveloppé d'un énorme tas de neige, le lac aux rives silencieuses et aux vagues figées. C’est encore plus majestueux en hiver. Je ne reconnais plus grand-chose par contre géographiquement.
Je crois marcher sur le Baïkal, je dois faire encore quelques centaines de mètres puisque je marche sur la rivière qui se jette dans le lac.

Je loge chez Alexander, ancien garde forestier du parc national voisin. Un cliché russe ambulant : gigantesque, un peu rustre et un peu rouge de nez.

Malgré tout je collecte plein d’informations sur mon projet de traverser le lac en faisant du stop jusqu’à Severobaïkalsk à la pointe nord du lac. Histoire de continuer plus loin dans le grand froid.
Il me dit qu’il n’a jamais vu personne faire ça.

En attendant je me balade dans le coin, je rencontre des gamins au port sur des bateaux piégés dans la glace. Un terrain de jeu que j’aurais rêvé avoir étant petit.
Les mômes sont oufs, avec eux j’apprends plus vite qu’avec n’importe qui.
Pourquoi ? Parce qu’ils me parlent de trucs improbables, genre l'un d’eux m'explique que son père est routier, ensuite il part sur des détails techniques du style il a un pommeau sur son volant et une remorque. Son copain m’explique la fonction de chaque bâtiment de la ville. Ici c’est un garage la c'est l hôpital et la le coiffeur. Apprentissage express donc.

Deux jours ici et suis déjà l’attraction, parce que les gosses m’ont fait visiter leur école, la seule du village. Du coup le lendemain Tous les gosses que je croise m'adressent un sourire ou un signe de la main.
Les seuls touristes que je rencontre sont allemands, parlent pas un mot d’anglais, je pensais que tous les allemands parlaient tous anglais tellement ils sont parfaits tellement ils rangent leurs affaires de façon tellement méthodique que t’as l’impression d’être un gosse qui range pas sa chambre. Enfin bon c’est autre chose.

Le lendemain Alexander m’amène à l’entrée du parc national la où toutes les voitures partent pour le nord. Les deux gardes forestiers restent ici toute la semaine dans leur petite baraque et font entrer tous les véhicules en notant tout sur un registre très détaillé il me semble car à chaque voiture qui entre, la fille écrit pensant cinq grosse minutes sur son gros cahier. Elle demande donc à chacun de me prendre.
Malheureusement rien ne marchera aujourd’hui. Je suis pas vraiment triste car je partage leur petit taf. Je lis un bouquin, je discute avec la dame ils m’offrent le repas sur leur lit de fortune, on mange une soupe devant la télé. On parle de poutine. Elle se fout mais alors à un point de l’élection présidentielle, c’est d’ailleurs le cas de tous les russes que je rencontre.
Le seul truc c’est qu’en échange de son petit service elle me fait comprendre que je dois acheter un souvenir du parc. Okay ça se tient. J’ai le choix entre des cannes à pêche pour gosses, des magnets tout pourris et des phoques en peluche. Je prend donc un phoque en peluche youhou. Mais c’était au tout début ça. Avant qu’on sympathise. Les russes sont un peu comme ça. Une fois qu’on à parlé un moment, une fois que la barrière est tombée, une fois qu’il s’aperçoivent qu’on peut discuter en russe, ils m’offrent tout ce qu’ils ont et sont adorables.

Ils me ramènent à l’arrêt de bus pour retourner à oulan oude. Je retourne prendre un train. Je déteste faire demi tour en voyage, j’aurais tellement aimé que ça fonctionne mais ces trois jours à Oust- Bargouzine valaient largement le détour quand même. Direction Yakutsk maintenant.

Bisous !

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Bis repetita -

Huit heures de train entre Irkoutsk et Oulan Oude. Une broutille quoi comparée aux autres trajets.

N’empêche je suis crevé de toutes ces randos, je sympathise malgré tout avec des russes qui partent travailler non loin de la frontière Mongole. Encore une fois on me couvre de nourriture, de thé et de questions. Avant de sortir du train ils m'offrent un énorme bout de gras, le salar comme ils l'appellent. J'accepte en me demandant quoi faire de ce truc. La chose gluante et collante enveloppée grossièrement dans un sopalin, je prend le taxi qui m’emmène littéralement à cent mètres. Je me disais bien qu'il n'était pas cher ce taxi aussi.

Je suis déjà venu ici pourtant et justement, pour comprendre la suite il faut d’abord que je raconte ce qu’il s’est passé il y a quatre ans.
J’ai donc voyagé en Russie avec Guillaume mon pote d’Angers. Le russe que je l’appelle. On s’est retrouvé donc de la même façon à Oulan-Oude. Après un voyage de trois jours depuis Omsk qui nous avait mis à genoux à l’époque. Nous avions passé trois jours à danser sur les tables de bars kitshous perdus au milieu d’immeubles noirs et froids de l’industrielle ville d’Omsk. Même pas de repos dans le train après tout ça, les invitations à manger et boire pleuvent dans le wagon et on arrive exténué à Oulan-Oude.
En se disant qu’on irait bien faire un tour en ville quand même avant de dormir pendant mille ans. « prenez les clés si vous rentrez après 23h » qu’on nous dit à l’auberge. On ne prend pas les clés. Et on se fait prendre au piège de l’hospitalité Bouriate. On passe deux heures dans le resto, on nous fait goûter à tout, je me souviendrais toujours du moment où les types nous demandent si on veut aller danser. Moi j'étais moyen chaud et Guillaume, l'œil pétillant me sort un valeureux “on s'en fout on est en vacances”, fair enough. Bien sûr on oublie le coup des clés et on se retrouve après le repas arrosé au « Che Guevara" un dance floor saloon tout pourri. Le genre d’endroit dans lequel je ne mettrais jamais les pieds en France.
Trois heures du mat’ on est l’attraction du lieu, à quatre heures le type qui nous a amené nous sort de la piste de danse pour nous protéger des mecs qui apparemment commencent à nous sortir des regards en biais parce qu'on rigole avec leurs copines notamment. En fait je crois qu'elles se foutent de notre gueule parce qu'on danse comme des cons.
Cinq heures on dort sur les tables. On nous ramène à l’hôtel.
A 6h, OK on a pas les clés donc on décuve lamentablement sur la place Sovietskaya. La place où le plus grand buste de Lénine trône fièrement. Un Lénine aux traits mongol d’ailleurs. C’est assez étrange à voir. On me dit que le sculpteur a reçu des pressions pour donner des traits asiatiques au visage. Il a aussi un menton si proéminent que lorsque la neige tombe, elle se dépose uniquement sur celui-ci, donnant une petite barbichette blanche au chef communiste.
Bref, on sonne à la porte, on rampe dans l’escalier et on se tape un fou rire avec la logeuse qui n’a pas l’air de nous en vouloir très fort.
On loupe bien évidemment le bus de 10h du lendemain puisqu’on se lève à 17h.

Bon voilà tout ça pour dire que hier soir s’est passé exactement la même soirée, avec a la place de Guillaume, une finlandaise, Elisa qui danse à peu près comme lui. Mêmes endroits. Même lâcher prise, même hangover le lendemain aussi. Et ce dance floor saloon Che Guevara dans lequel je serais allé deux fois dans ma vie. Beaucoup trop improbable.
Une différence cependant, Elisa elle n’a pas pissé sur la fameuse statue à 6h du mat’ hein Guillaume ? Ouais le truc honteux qui nous aurait valu la tôle si on avait croisé les flics, ou un passage au distributeur d’argent, selon la coutume en Russie.

Enfin heureusement que les gens ici sont les plus gentils du monde. Vraiment c’est fou J’ai passé trois nuits ici sans débourser un seul centimes. C’est même malpoli d’essayer de glisser un billet dans la poche du gars.
Riche ou pas, même combat. Elisa oublie son portefeuille avec tout son argent et son passeport dans un bar (clap clap), un mec rapporte tout le lendemain à l’hôtel sans rien demander et en glissant même un petit gâteau en plus.

Et puis même on le voit dans la rue les gens sourient, pas comme à l'ouest où les passants sont complètement dépourvus de la capacité de sourire. Pas qu'ils sont méchants non, juste physiquement ça marche pas.
Même la ville est accueillante. A Moscou quand tu veux traverser tu attends limite dix minutes à un feu puis tu as quinze secondes pour traverser une avenue large comme un terrain de foot.
Pépé et mémé avec leurs cannes ils restent sur le trottoir et puis c’est tout.
L’autre chose frappante quand on arrive en Bouriatie c’est le changement de décor, l’ambiance asiatique qui s’installe.
Alors qu’avant défile des villes froides et dures et des visages anguleux taillés dans le roc, là les bâtiments soviétiques côtoient les temples bouddhistes et autres yourtes. Le contraste est passionnant.
Je veux m’enfoncer un peu plus au nord maintenant en espérant rejoindre Yakutsk, la ville la plus froide du monde à priori. Avec un record de moins 69,8 degrés.

Mais je ne suis pas venu ici pour voir la neige fondre quand même alors c’est parti.
Bisous

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Trek 2 -

Les soirs d’après rando sont fantastiques aussi. On mange tous ensemble pour finir soit par un bania libérateur soit par une soirée réconfortante de simplicité.
Jusqu’à la dernière soirée ou la vodka coule dans les gorges accompagnée de quelques concombres.
Ah oui les russes mangent tout le temps. En grande partie pour pouvoir boire longtemps. Mais quand même ça ingurgite des trucs pas croyables. Des bouts de gras par exemple. Juste du gras. Bien bien.

Nikita prend l’accordéon, se met à jouer puis pose un shot de vodka sur l’accordéon et se l’enfile tout en jouant une chanson qui me sera resté dans la tête toute la journée du lendemain. Sont forts ces russes.

Mais la journée aura été rude. Le bienveillant Nikita me demande sans arrêt si tout va bien pendant que je marche courbé par le froid et le vent. Ce vent qui balaie la glace et envoie les volutes de neige droit devant. C’est bien le seul endroit que je connaisse ou l’émerveillement est aussi bien sous les pieds que dans les paysages qui entourent le lac. Je ne me lasse pas de ce qu’il se passe en dessous. Des bulles de glace par milliers, des nuages vaporeux qui évoque le lait se dispersant dans l’eau, des gouttelettes de cristal aux flèches argentées s’épanouissant dans le bleu sombre et parfois électrique du lac.

Je reste si profondément concentré sur les profondeurs du lac que parfois, relevant la tête je dois rectifier ma trajectoire pour rejoindre les autres.
Puis l’arrivée face à une falaise qu’il faudra gravir à l’aide d’un escalier abrupt qui tortille dans le creux de la roche. C’est qu’il faut porter nos sacs déjà très lourds puis les luges qui les faisait paraître légers sur la glace et le sac contenant les patins qui je me tape avec Andrei. Je me remémore le temps où je partais en tournée et où il fallait porter ce putain d’ampli basse dans des escaliers improbables. Et bien là l’escalier fait l’équivalent de six étages.

Tout ces efforts s’oublient le soir et le sommeil vient vite, la tête pleine d’images et de satisfaction. Demain c’est fini, je vais devoir faire sans. Et commencer à faire les choses seul. Je rêve de rencontrer d’autres personnes de ce genre dans le train qui m’emmène d’irkousk à Oulan Oude.

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Trek 1 -

Avant de retrouver Nikita et consorts pour randonner sur le lac, je m'autorise une excursion dans le nord de l’île. Mauvaise idée, c’est le genre de trucs que je déteste, le bus est rempli et se vide à chaque arrêt pour rassasier d'images les touristes dont je fais partie, oui je sais.
N’empêche c'est pourri, d'ailleurs il fait tellement froid qu’à partir du troisième viewpoint, les trois quarts du bus ne prennent même pas la peine de descendre.

Le truc cool c'est que je suis le seul qui baragouine un peu russe et je fais office de traducteur pour le chauffeur ce qui me fait grandement progresser. Le chauffeur m’explique d’ailleurs comment chaque année le baikal engloutit certains pêcheurs. Pas de touristes juste des pêcheurs imprudents.
Parfois des poches de gaz se forment sous la glace et fragilise celle-ci. Y a un plongeur expérimenté qui est mort aussi y a deux semaines, il n’a pas réussi à retrouver l’ouverture. Alors ça je ne comprend pas, doit bien y avoir des histoires de cordes quand on fait de la plongée sous le lac. En tous cas j’avais envisagé de tester cette activité, je vais attendre l’été du coup.

Bon tout ça est cool mais les autres me manquent et je suis ravi quand enfin je les vois revenir pour monter ensemble dans un bus direction le sud de l’île. On arrive dans un espèce de complexe de chalets à la russe c’est-à-dire rudimentaires mais confortables. Je suis tout seul dans une grande chambre, ça m’embête un peu. Nikita et Katya s’étant rapproché quelque peu depuis le début je leur laisse la chambre avec plaisir et file dormir avec les deux Alexeï, le boss et le petit rigolo, hop tout le monde est content. On file patiner sur le lac.
Ce que m'offre ces gens là c’est la réalisation de rêves que j’avais en tête lorsque que je préparais mon voyage, dans mon lit en France mon livre de russe d’un côté, un guide de l’autre et souvent mon chat affalé sur les pages. Mais jamais je n’aurais pensé faire tout ça. (suite)

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A marche forcée -

Lever six du mat’ donc. Demi gueule de bois, pas de petit déjeuner, pas d’eau on part direct.
Je me dis que si on part sans rien avaler c'est qu'il y a juste vingt minutes de marche. Et bien non on marche pendant 1h30 dans la forêt puis la toundra. On est sur du moins vingt-cinq degrés, ressenti moins huit mille.
Heureusement, j’ai toujours des amandes de secours sur moi. Complètements fous ceux la. En haut le soleil n’a même pas daigné se montrer malgré nos efforts. Je suis quand même content de l’excursion et je bouffe mes amandes en douce en vue de la redescente.

Les russes s’en vont ensuite pour quatre jours camper sur le lac. Moi je passe beaucoup de temps à marcher dessus. Je vais très loin, parfois jusqu’à ne plus distinguer la côte. Le silence est incroyable lorsque le vent est absent, les craquements de la glace me font flipper à fond. Ce sont comme des coups de fusils parfois lointain parfois très proches suivis d’un espèce de sifflement d’air sous la glace que l’on ressent sous nos pas. Extrêmement impressionnant.
La première fois J’ai couru comme un con par peur de finir englouti.

Lors d’une autre balade venteuse, la capuche bien enfoncée sur ma tête, je ne vois que ce qu’il y a devant moi et J’ai la peur de ma vie en tournant la tête et en découvrant un gros chien noir qui se tient fièrement à mes côtés. Je me croyais vraiment seul au monde. Un toutou qui me fait presque tomber de surprise. Pas besoin de chien pour tomber, je me suis éclaté le coude sur la glace, je pensais à la fracture mais ça va j’ai juste un espèce de double menton à la place du coude.
Parfois la neige s’ouvre et me laisse découvrir la glace pure et ses fissures qui s’enfoncent très loin dans le lac. D’énormes failles apparaissent par endroits mais également des lignes de contacts entre deux énormes plaques de glace qui font ressortir les blocs énormes qui restent figés à la verticale. C’est très beau je ne m’en lasse pas.

Demain je pars en excursion dans le nord de l’île histoire de voir les choses sous un autre angle.

Bisouskaia

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Baïkal / - 15 degrés

On arrive donc à Irkoutsk. La provodnitsa m'engueule parce que je lui ai pas filé les draps. Je suis encore en train de lire sur ma couchette. Bah ça va il reste une heure ! Le truc c'est que mon téléphone n’a pas suivi le décalage horaire depuis Krasnoïarsk et on arrive à l'instant, je suis grave à la bourre, je jette les draps, fourre tout à la volée dans mon sac, je m'habille et je sors en dernier. Ouf.

Concernant le décalage horaire c'est hyper perturbant car l’heure indiquée dans les gares, dans le train et sur le site de la RZD (la sncf russe), indique toujours l’heure de Moscou. On est déjà à Moscou +5 ici.

Je retrouve Nikita, Katia, Alexeï et les autres sur le quai. Encore six heures de marchoutka pour atteindre l’île d’Olkhon. Deux mecs de Hong-Kong se joignent à nous. Ils sont complètement paumés, parlent à peine anglais, encore moins russe. Ils se demandent ce qu’ils font la c’est assez comique. Je fais l’interprète et je suis pas si pire en russe je crois car je réussis à arranger le bordel.

Le chauffeur nous dit de nous déplacer vers l’avant, tout le poids est à l’arrière du bus. Je commence à flipper et me dire que c’est pour équilibrer le bus afin de ne pas sombrer dans le Baïkal. Tout le monde roupille pendant quatre heure puis on arrive sur le lac. Même Alexeï dont c’est la troisième fois ici est surexcité. Je l’aime bien lui. Il a la tête d’un Mike Horn. Le genre a ouvrir un ours polaire pour dormir dedans en cas d’urgence. Mais on a quand même envie de lui faire un gros câlin tellement il est mignon.
Le chauffeur est dingo, sur les quinze minutes de traversée il enchaîne les drifts et autre 380 degrés avec le camion. Je flippe quand je suis passager en voiture en temps normal mais la on est sur deux mètres de glace sur le lac le plus profond du monde.

On arrive enfin à Koujir, côte ouest de l’île. Nikita et Alexeï partent à la recherche d’un bania, le fameux sauna russe. Je pars avec eux. C’est-à-dire qu’on ne s’est pas lavé depuis un moment, cinq jours pour moi. Trois pour eux. Nikita frappe à toutes les portes. Il nous faudra une heure pour trouver le graal. Il réserve pour trois heures. Trois heures ???? Bon soit, on file chercher les six autres et quelques bières et voici le bania. Tel que je n’aurais jamais espéré l’expérimenter. C’est-à-dire avec des russes.
Le bania russe m’explique Nikita est une sorte de mix entre le hammam et le sauna. Un genre de sauna humide quoi. Il fait quatre-vingt degrés la dedans, moins trente à cette heure ci dehors. Et entre les deux une petite salle avec une table remplie de bières et autres snacks à foison. L’ambiance est géniale. Les langues se délient encore plus, j’aime vraiment ces gens là. Tellement ouverts d’esprit, tellement gentils et accueillants. Je sors dehors par moins trente. Bon ça va en fait, ça fait même un bien fou. Je me roule pas dans la neige y en a pas à proximité mais ça suffit. La fois suivante, Nikita me fouette selon la tradition avec des branches de bouleau. C’est un mélange de souffrance et de bien être indescriptible, encore une nouveauté pour moi. La dernière fois que J’ai expérimenté le bania c’était il y a quatre ans avec mon ami Guillaume et on ne savait que faire de cette bête branche à part se fouetter mollement l’un l’autre. Je sors et Katya me verse une bassine d’eau froide sur le corps. Avant de ressortir encore une fois puis de boire une bière ou deux. Alexeï me vante les bienfaits physiques du bania, J’essaie de lui expliquer que le fait de boire des bières entre chaque round ne va pas trop dans ce sens. Et puis bon, je me reprends une bière, fuck it.

Trois heures après nous voilà parti. Reposés et prêts à dormir. Mais je dors avec Nikita et Alexeï qui décident de continuer à boire un peu et sortent un jeu de fléchette pliable qu’ils accrochent au porte manteau. Juste après que le boss nous ait prévenu d’un réveil à six heures du mat’ pour aller chopper le lever de soleil je ne sais pas trop où. J’hallucine, on finit par se coucher à trois heures. Mais je suis en vacances moi, je peux faire une grasse mat’ ? Mais en vrai je les aime trop je vais me lever avec grand plaisir.

До свидания 

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Transsibérien / +26 degrés

Et oui +26 degrés.

La première nuit ça va encore, je suis crevé de mes escapades à Saint Petersbourg mais les suivantes, l'enfer.
Vingt-six degrés alors qu’il fait moins trente dehors.
À tel point qu’à chaque arrêt je sors prendre l'air en me préparant cinq grosses minutes avant pour me couvrir. Beaucoup de russes sortent fumer leur clope et ne prennent pas la peine de s'habiller. Ils sont encore en short et en claquettes, ça me fait frissonner sous ma parka.
J'ai déjà pris le transsibérien il y a quatre ans et je retrouve les habitudes qui me fascinaient tant à l’époque. Cinq minutes après leur arrivée dans le train tout le monde a déjà façonné son petit cocon autour de soi : chaussons au pied, thé fumant dans les tasses et sac plastique coincé sous la table en guise de poubelle. Impressionnant.

Je suis en platskart. La troisième classe. La plus intéressante puisque le wagon est totalement ouvert : cinquante-deux couchettes (oui J’ai compté en allant aux toilettes). La deuxième classe possède des compartiments de quatre couchettes et la première, deux couchettes avec salle de bain. J’essaierais un jour sur un trajet court.
La chaleur, la proximité et la capacité des russes à se fabriquer un environnement cosy font de la classe platzkart la plus conviviale bien sûr. Avant l’Oural, je n’ai que peu de contacts mais sitôt passé la chaîne de montagne, à Ekaterinbourg plus exactement, tout s’accélère : une équipe de jeunes hockeyeuses déboule, puis à Perm, un peu plus loin, quelques touristes russes accompagnés de leurs guides.
Et voilà à partir de là tout devient comme je l’espérais. Les hockeyeuses filent en Sibérie pour un match, j’apprends quelles sont championnes junior de Russie. Du coup les autres russes occupant le wagon y vont tous de leur selfie. C'est déjà le bordel dans le wagon. Les filles essaient de me parler en anglais constamment, j’essaie de leur répondre en russe. Sourires, fous rires, regards contrits.
On passe une heure folle à regarder la finale de hockey des jeux olympiques qui oppose la Russie et l’Allemagne sur un pauvre smartphone pour quinze. Grosse ambiance quand la Russie finit par l’emporter.
Nikita, un des guides, sort la vodka. Sous la table car désormais c’est interdit dans le train. Je suis chargé de faire le guet. Évidement la couleur transparente de la vodka aide beaucoup à rester discret. La provodnitsa (responsable de wagon) commence à capter quand tout le monde est un peu chaud mais peu importe, seuls les méchants bourrés sont évacués du train. Je suis avec des gentils bourrés donc.
Nikita est adorable je passe beaucoup de temps à parler avec lui. Avec les autres c’est plus compliqué mais j’améliore néanmoins mon russe d’heures en heures. Avec eux on file au wagon restaurant de temps en temps. Le temps de traverser trois ou quatre wagons en inspectant chaques recoins : je suis un vrai gosse dans les trains. Le temps aussi de se prendre un méga coup de froid entre chacun d'eux. Et oui je suis toujours en short, t-shirt et chaussons. A chaque fois on a l’impression de déranger la bas. Je crois savoir que c’est parce qu’on y mange jamais. Juste une bière de temps en temps. J’ai fait mes provisions à Moscou, pain, nouilles chinoises, bananes, citron, amandes. Et parfois quelques Piroshki, sortes de beignets vendus par les babouchka sur les plates formes de gare. Tout cela ne correspond pas trop aux habitudes alimentaires russes dans le train. Ça s’empiffre globalement de pain, salami, fromage et concombre. Rien de plus. Beaucoup de thé évidemment.

Voilà mon ressenti sur les personnes rencontrées mais que dire de l’expérience du train en lui-même. Je passe beaucoup de temps à lire. Chez moi je lis deux pages avant de m’effondrer, ici j’explose limite un livre par jour. Va comprendre. Je me sens extrêmement bien, je regarde ces paysages fortement enneigés très peu différents les un des autres. Mais ce que c’est reposant. Il y a longtemps que je n’avais pas autant adoré ne rien faire. Et le roulis du train dans les oreilles m’apaise encore plus. Je suis conscient de ce luxe et je me sens extrêmement chanceux de vivre ça. Il va falloir que je travaille à un moyen de vivre ce genre de sensation à la maison. En parlant de livre en voici un exceptionnel « en attendant Bojangles » je n’en dis pas plus, juste lisez le si vous n’avez rien à lire pour le moment.
Pour l’heure je m’arrête à Irkoutsk, mon plan initial mais mes nouveaux amis russes m’ont invité sur l’île d’Ocklhon pour partir en trek avec eux sur le lac. Je ne suis pas sur de bien orthographier Ocklhon vu que ça se prononce genre « ochzzzkckzcon », un truc comme ça.
Bref, J’accepte bien évidemment, de toute façon je n’avais aucun plan. Encore une possibilité qu’offre le voyage au long cours. Se laisser porter par les rencontres et celle-ci va m’apporter beaucoup de choses comme je le raconterai plus tard.

Des bisous !

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Saint Petersburg / - 8 degrés.

Le froid est différent ici. Je le vois quand j’entre dans un intérieur chaud, aucune buée ne se forme sur mes lunettes. Dans la rue on dirait que tout le monde vapote. Les trottoirs sont de véritables pièges de glace, sauf devant les principaux centres commerciaux et autres attractions touristiques.
Parfois la neige tombe sous forme de longs nuages d'un blanc éclatants, ce sont les forçats des toits qui font tomber à coups de pelle les congères accumulés sur les édifices. L'un d'eux a décroché son harnais. Il se laisse pendre en tenant de la main une corde, son seul salut, et de l’autre il dégage la neige d’un recoin inaccessible. Flippant.
Il y a un adage en Sibérie : « ici il n’y pas de mauvais temps, juste de mauvais vêtements ». Je n’y suis pas encore en Sibérie mais je crois avoir fait les bons choix. Y a juste un truc qui me gave, ça m’a amené d’ailleurs à poser une question que je n’aurais jamais cru poser à Google : comment faire pour que les chaussettes ne descendent pas dans la chaussure ? C’est extrêmement agaçant et il faut enlever ses gants pour remonter manuellement la chaussette. La solution : couper de la moquette à la taille de la semelle…

Je loge chez Sabina et Tanya, deux amies rencontrées en Sibérie et qui habite maintenant Saint Petersburg. On se prépare pour un concert. Soirée qui se terminera pour moi à 11h du matin dans un appartement au 20 ème étage d’une tour grise, tout ça sans mes amis mais avec des inconnus rencontrés au hasard de ma soirée. N'importe quoi donc.

Je passe beaucoup de temps à marcher dans la ville, sur les canaux gelés. Tellement beau et grisant de marcher sur l’eau.
Très belle ville, mais je n’ai qu’une hâte c’est de prendre le train pour la Sibérie.

Des bisous

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Rando jeûne - 


Rando jeune  ? Ah ouais tu pars avec des jeunes et tu randonnes ?? J'ai trop entendu ça alors j'explique. Rando jeûne avec un chapeau sur le “u”, une rando sans manger quoi, ou très peu. A vrai dire on s'est contenté d'une amande, une noix de cajou et une baie au goûter, la même le soir. Ca peut se faire sur plusieurs jours, max douze jours. J'ai jamais testé plus de six jours cependant. La on est parti deux jours dans les Pyrénées. 

J'ai fait découvrir cette expérience à Amaury et Yoan. En mode bourrin parce que quand même jeûner implique  de minimiser l'effort consenti. Là on est parti tout schuss sur des dénivelés de malades. Il n'empêche que l'expérience a fonctionné malgré quelques petits écarts. Yoan qui ramène une flasque de pastis notamment, ce qui nous a valu une petite déshydratation le lendemain puisqu'on a utilisé beaucoup d'eau potable pour celui ci. On aurait pu réfléchir et faire bouillir l'eau de la rivière pour le lendemain mais après une journée de marche sans manger, boire un verre de pastis correspond à peu près à quinze vodkas. La lucidité en prend un coup mais c'était le gros fun.  Bon faut pas faire ça normalement. 

En vérité, cette pratique courante fait du bien, elle permet à l'estomac de se reposer un peu et au corps d'aller puiser dans des réserves qu'on croit enfoui très profondément. Et bien sur le fait de marcher à trois dans un lieu comme celui la permet de penser à autre chose qu'a la bouffe. Reste le paysage qui s'apprécie d'autant plus dans l'effort. 

Merci les compagnons c'était beau. 

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Pujarra - 

On est dans un petit village blanc du sud de l’Andalousie, près de Marbella, la “Cannes” de l’Espagne. Ville horrible et très chère ou les anglais ressemblent  à des homards et les petites vieilles à des crocodiles trimballant un caniche. Ici à Nerja il y a 10 maisons, 5 chats et un bar. Pablo a toujours vécu ici, tout juste est il allé se balader à Ronda, la “ville” d’à côté. On parle de tout et de rien surtout de rien. De la météo quoi. Il m’a rappelé les vieux en Inde qui passent leur temps à passer le temps en parlant du temps. 

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